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Cet
atlas se compose de 4 schémas et de 41 dispositifs veineux réels,
sélectionnés à partir de 123 membres inférieurs
injectés, disséqués et dessinés. Cent huit
des membres ont été considérés comme normaux,
les quinze autres présentant des lésions de varicose évoluée,
localisée ou diffuse.
S'en tenir
à une succession de planches anatomiques sans commentaires, sous
le prétexte que les images « parlent d'elles-mêmes »
serait faire fausse route. Le préambule se doit de dégager
l'esprit qui a présidé à l'élaboration,
au choix des illustrations, et à leur réalisation.
Le trait
dominant est le suivant : sous leur diversité, les veines obéissent
à une organisation générale. Elle se révèle
seulement dans la mesure où l'étude se limite à
certains territoires riches en veines, et aux vaisseaux principaux,
les seuls systématisables. La confrontation des dispositifs normaux
et des cas pathologiques met en lumière l'importance des veines
perforantes, celles de la jambe en particulier. Un courant de reflux
qui parcourt la grande veine saphène tend à quitter le
tronc, idéalement par la perforante la plus proche, sinon par
une branche superficielle, en priorité celle qui le véhicule
vers la partie postérieure et l'extrémité distale
du membre.
De ces
constatations se dégage l'objectif de cet ouvrage : fournir au
clinicien une documentation de base utile pour l'examen et l'exploration
des veines superficielles.
Le choix
des repères facilite l'identification des vaisseaux et leurs
caractéristiques principales : le calibre, le siège des
valvules, la topographie, les connexions avec les veines superficielles
et les veines profondes, leurs variations. Une autre étape est
la mise en évidence de sites privilégiés de la
dystrophie variqueuse et l'évocation des courants de reflux qui
se manifestent par une désaxation des collecteurs, l'augmentation
brutale de calibre d'une veine, ses sinuosités ; et par l'existence
de perforantes dilatées, leur rôle dans la réintégration
ou la propagation des courants rétrogrades étant bien
connu depuis l'avènement des explorations ultrasoniques.
A ce sujet,
on peut estimer que toute perforante dont le calibre atteint 4 mm véhicule
un courant pathologique ; à l'exception toutefois de la perforante
médio-fémorale ou de Dodd qui peut atteindre, très
rarement, cette largeur, se présentant alors comme une branche
de bifurcation de la grande veine saphène.
Il est
évident que les possibilités thérapeutiques sont
dictées, au moins partiellement, par l'analyse précise
et détaillée de l'ensemble du veinogramme caractéristique
de chaque membre, avec ses territoires normaux et ses territoires pathologiques.
Dans cette
optique, les extrémités de ce très long membre,
le pied et la région glutéale ou fessière, ont
été exclues de cette étude. Elle s'est par ailleurs
limitée au seul versant médial, c'est-à-dire, à
la moitié interne de la circonférence du membre, de loin
la plus riche en veines ; la petite veine saphène est visible
sur la partie postérieure et axiale de son trajet.
L'illustration
intéresse essentiellement les veines principales, celles dont
le calibre extérieur atteint 2 mm, certainement les plus actives.
En effet, les petits éléments, de l'ordre du millimètre
(0,5 à 1,5 mm), tendent à se disposer en un réseau
non systématisable à mailles longitudinales, orientées
dans l'axe du membre, et étendues à la totalité
du revêtement cutané. Sur ce plexus fondamental se greffent
les branches des veines saphènes. Elles sont toutes plus superficielles
que les troncs saphéniens et fréquemment intéressées
par la varicose. Il s'agit d'arcades parasaphéniennes, de branches
de dédoublement de la grande veine saphène, de collatérales,
de communicantes. On peut concevoir chacun de ces éléments
comme résultant de la condensation locale du réseau originel
sous l'influence de courants préférentiels, variables
d'un membre à l'autre.
Ces courants
sont orientés. Certains modèlent des voies longitudinales,
disposées, comme les saphènes, dans l'axe du membre :
ce sont des collecteurs, car leur fonction première est de ramener
le sang de la périphérie vers la racine du membre. D'autres
adoptent un trajet transversal ou oblique, établissant des anastomoses
intersaphéniennes : ce sont les veines communicantes. Leur rôle
principal est d'assurer l'équilibre circulatoire entre la petite
veine saphène et l'élément le plus proche du système
de la grande veine saphène.
Toutes
les perforantes identifiables, à l'exception des vaisseaux minimes,
ont été représentées, y compris les éléments
implantés sur le réseau. Leur existence rappelle que le
système veineux superficiel est sous l'étroite dépendance
de la circulation profonde, non seulement au niveau des crosses saphéniennes,
mais sur toute la hauteur du membre. Certaines perforantes, parmi les
plus fréquentes et les plus volumineuses, ont une relative fixité
topographique ; elles se disposent parfois symétriquement par
rapport à l'axe postérieur du membre. Elles siègent
plus précisément en regard des principaux pédicules
intra-musculaires, à leur origine, en particulier les veines
du soléaire ou les veines jumelles (gastrocnémiennes).
Sur le
schéma 4, les lignes transversales désignent différents
niveaux de perforantes jambières internes et externes (il s'agit
des points de perforation fasciale ou de pénétration musculaire
de ces veines). Chacun d'eux correspond à l'origine d'un collecteur
tricipital :
veines de Cockett supérieures et inférieures et leurs
équivalents externes, en regard des veines inférieures
et moyennes du soléaire ;
veines perforantes polaires et postérieures des muscles jumeaux,
en regard de l'origine des pédicules longs et des pédicules
courts de ces muscles.
Il ne
s'agit pas de coïncidences topographiques. Nombre de perforantes
jambières sont connectées, directement ou indirectement,
avec les veines tricipitales.
Ces perforantes
musculaires ne sont pas de simples voies de drainage, soulageant passivement
la circulation saphénienne.Il
s'agit d'éléments actifs des pompes musculaires du mollet
; elles entrent en jeu lors de la marche, transmettant à la circulation
superficielle régionale la force d'aspiration alternative du
muscle triceps sural.
En conséquence,
le repérage des perforantes principales, l'étude de leur
calibre, de leurs connexions profondes, de la direction du courant qu'elles
véhiculent lors de la contraction et de la décontraction
musculaires sont des temps essentiels de l'examen de l'insuffisant veineux
chronique. Du point de vue pratique, toute veine superficielle du membre
inférieur, y compris les troncs saphéniens, est susceptible
de modifier son comportement vis-à-vis d'un courant de reflux
selon qu'elle est ou non porteuse d'une valvule efficace, d'une perforante
de bon calibre, à plus forte raison si cette perforante est en
relation, directe ou indirecte, avec une pompe musculaire.
En effet,
un reflux tronculaire transmis par la grande veine saphène à
une branche jambière de dédoublement dépourvue
de perforante peut réintégrer massivement le tronc saphénien
sous-jacent (planche 39).
Le même
reflux transmis à une communicante du mollet, sans perforante
efficace, peut contaminer la petite veine saphène sous-jacente
(planche 36). Il suffit, par contre, d'une seule perforante active pour
absorber la totalité, ou presque, du reflux parcourant une branche
quelconque et l'évacuer dans la voie profonde (planche 34).
Ces considérations
générales, qui prêtent certes à discussion,
se reflètent dans la réalisation technique de l'ouvrage.
Il est fait un large usage de la polychromie. Elle facilite le repérage
des veines principales et leur comparaison d'un dispositif à
l'autre. Un signet donne le codage choisi.
Affecter
une couleur spécifique à chaque élément
remarquable, ou à un petit groupe de veines de même nature,
c'est ébaucher une systématisation et, en conséquence,
faire appel à la terminologie. Chaque veine individualisée
doit être désignée par un terme particulier. Il
s'agit d'une entreprise délicate. En effet, certains éléments,
par exemple la branche achilléenne de la petite veine saphène,
les arcades qui doublent le tronc de la grande veine saphène
ne semblent pas être connus.
Pour les
autres, il serait souhaitable de trouver un compromis entre les impératifs
de la Nomenclature Internationale, plus que sommaire en ce qui concerne
les veines du membre inférieur, et le langage très différent
des cliniciens. Ces derniers font largement appel aux éponymes
: citons le canal de Hunter, la veine de Léonard (de Vinci),
la veine de Giacomini, les perforantes de Cockett, de Boyd, de Dodd,
etc. ; tous sont rejetés par la nomenclature officielle, qui
ne propose cependant aucun terme de remplacement.
Il y a
plus grave : le divorce entre les cliniciens et les anatomistes pour
désigner le même élément : ainsi la veine
perforante des phlébologues devient la veine communicante des
fondamentalistes.
Regrettons
encore que l'un des moteurs essentiels de la circulation de retour,
le muscle jumeau interne, ait été abaissé au rang
de chef médial du gastrocnemius, ce qui ne simplifie pas la désignation
de sa veine. La sémantique doit être le reflet de la valeur
fonctionnelle des structures anatomiques.
Pour
la compréhension du vocabulaire, un lexique a été
incorporé à l'atlas, avec les abréviations correspondantes.

LEXIQUE
Grande
veine saphène (ou grande saphène, ou saphène interne)
Vaisseau qui accompagne à la jambe le nerf saphène (interne)
et à la cuisse le rameau cutané médial du nerf
fémoral, le long du bord inférieur du muscle couturier
(Sartorius).
Hypoplasie
Hp :
nette diminution du calibre du tronc sur une partie de son trajet.
Agénésie
Ag :
forme majeure de l'hypoplasie, réduisant la saphène à
l'état d'une veinule vestigiale, perméable.
Atrésie
fibreuse Af :
oblitération segmentaire du tronc, transformé en un cordon
fibreux de petit calibre.
Duplication
segmentaire (ou bifidité) :
existence d'une voie collatérale de gros calibre (de l'ordre
de 3 mm, et plus), greffée sur le tronc de la grande veine saphène
à ses deux extrémités et, typiquement, à
angle aigu. Cette voie est appelée, selon le siège, branche
de dédoublement antérieure Da, ou postérieure,
Dp.
Saphène
double :
existence d'un tronc supplémentaire, de gros calibre, indépendant
de la grande veine saphène à son origine. Il la rejoint
au niveau de sa crosse.
Interruption
(ou solution de continuité) de
la grande veine saphène. Fragmentation du tronc en deux segments
indépendants. Le segment initial se termine soit dans une veine
perforante de la jambe, soit dans une branche du système de la
grande saphène. Le tronc se reconstitue plus haut. La suppléance
est assurée par une arcade rétrosaphénienne Ar,
située à distance du nerf saphène.
Canal
collatéral Cc :
vaisseau de petit calibre, proche du tronc de la grande veine saphène
et du nerf saphène.
Arcade
présaphénienne Ap :
voie parallèle, parfois de gros calibre, située à
distance du tronc de la grande veine saphène.
Arcade
rétrosaphénienne Ar :
voie parallèle, située en arrière du tronc.
Généralement
unique et de gros calibre à la jambe, souvent double ou triple
et de petit calibre au-dessus du genou.
Dispositif
plexique du système de la grande veine saphène :
se caractérise par l'abondance de voies parallèles de
gros calibre, anastomosées entre elles et avec le tronc saphénien.
Collatérales
intersaphéniennes : ces
branches de la grande veine saphène, en général
longues, sont indépendantes du tronc à leur origine.
La
collatérale intersaphénienne antérieure, Ia,
naît au dos du pied, entre la veine marginale interne (grande
saphène) et une branche d'origine de la petite saphène.
Située en dehors du tronc à la cheville, en avant du
tronc à la jambe, elle croise superficiellement la grande veine
saphène et se termine sur son versant postérieur. Elle
peut rester présaphénienne sur tout son trajet. Unique,
double ou triple, elle est très variable, courte ou longue.
Une veine unique, de gros calibre, est appelée saphène
antérieure de la jambe, Sa, si elle rejoint la grande veine
saphène au voisinage des tendons de la patte d'oie, ou plus
haut.
La
collatérale intersaphénienne postérieure, Ip,
naît typiquement à la cheville, soit à partir
de petites perforantes, soit par une arcade de petit calibre branchée
sur la grande saphène. Longue et de gros calibre, elle parcourt
toute la jambe entre la grande et la petite veines saphènes.
Elle est connue sous le nom de veine arquée postérieure
de la jambe, ou veine de Léonard (de Vinci), L. On la confond
souvent avec la branche postérieure de dédoublement
de la grande saphène jambière.
Branche
jambière supérieure, Js :
collatérale antérieure, née des régions
jambières antérieure et externe. Rejoint la grande veine
saphène à proximité des tendons de la patte d'oie.
Veine
saphène antérieure fémorale, Sf (ou de la cuisse)
: longue
collatérale née au niveau du genou par deux racines.
Elle croise en diagonale le relief du muscle vaste médial et
rejoint typiquement la crosse de la grande veine saphène. Elle
peut s'aboucher directement dans la veine fémorale commune
: veine saphène accessoire.
Petite
veine saphène (ou petite saphène, ou saphène externe)
Veine satellite du nerf sural jusqu'à la pointe du mollet, satellite
du nerf post-axial (ou rameau cutané postérieur de la
cuisse) à partir du mollet. Qu'il y ait ou non une crosse, elle
émet fréquemment une branche qui continue la direction
du tronc et accompagne le nerf petit sciatique jusqu'à la cuisse
: c'est le prolongement post-axial, Pa, sous-fascial. Ce prolongement
fémoro-poplité se continue par la veine de Giacomini,
G, qui rejoint la grande veine saphène au niveau du triangle
fémoral de Scarpa.
Branche
achilléenne, Ba,
collatérale jambière de la petite veine saphène
située le long du bord interne du tendon calcanéen (d'Achille).
Donne naissance à des petites perforantes de la cheville et parfois
à une perforante de Cockett. Elle rejoint la petite veine saphène
à la pointe du mollet, parfois une communicante à ce niveau.
Veines
communicantes :
il s'agit d'anastomoses intersaphéniennes bien individualisées,
souvent de bon calibre, de trajet régulier. Elles réunissent
la petite veine saphène à l'élément le plus
proche du système de la grande veine saphène : le tronc,
une branche postérieure de dédoublement, une collatérale.
Il
en existe différentes variétés : communicantes
transversales, Ct, obliques, Co, bifurquées, réticulaires,
et selon le siège, jambières, poplitées et fémorales.
La veine de Giacomini ne doit pas être considérée
comme une communicante, mais comme la terminaison de la petite veine
saphène.
Les communicantes jambières sont de loin les plus fréquentes,
avec les variétés transversales et obliques. Beaucoup
d'entre elles sont orientées :
une communicante jambière inférieure oblique dirige
son courant de la grande à la petite veine saphène ;
une communicante oblique du mollet, de la petite vers la grande veine
saphène, sauf exception.
Réseau
saphénien :
plexus de fins vaisseaux, plus superficiels que les troncs saphéniens,
reliant entre elles toutes les branches principales (branches de dédoublement,
arcades, collatérales, communicantes, perforantes).
Il
est dense dans certaines régions : réseau jambier inférieur,
réseau sural, réseau géniculé (en particulier
infrapatellaire), réseau fémoral.
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