A. CAGGIATI (1), S. RICCI (2), G. LUCCICHENTI (3), P. PAVONE (3)
1. Institut d'Anatomie, Université « La Sapienza », Via A. Borelli 50 ROME Italie.
2. Corso Trieste 123, ROME Italie.
3. Institut de Radiologie, Université de Parma Italie.
Fig. 1. Chez le sujet variqueux, la position et la morphologie des varices et les rapports avec la saphène sont très clairs |
La technique d'acquisition volumétrique, associée à la CT (Spiral Computerised Tomography ou scanner hélicoïdal), est employée depuis quelque temps pour la reconstruction tridimensionnelle des organes. Nous avons voulu expérimenter la possibilité d'employer cliniquement cette méthode pour visualiser l'arbre veineux superficiel (Fig. 1) des membres inférieurs, exploitant les possibilités données par la technique de « Volume Rendering ». |
La reconstruction
tridimensionnelle des veines a été acquise par élaboration
des données d'un scanner hélicoïdal (Siemens Somaton Plus
4 Volume Zoom).
Les paramètres d'acquisition
étaient les suivants : 125 Kvp, 120 mA, Collimation/Pitch/Reconstruction
: 2/4/1.
Les images reformatées étaient
transférées en format DICOM à une station de travail 02
(Silicon Graphics, Mountain View CA, USA). Le logiciel employé pour la
reconstruction est VITREA 1.2 sur plate-forme UNIX.
Cinq
sujets ont été étudiés (2 normaux et 3 variqueux),
sans injection de contraste, en décubitus dorsal.
Même sans l'utilisation de moyens de contraste, les images obtenues montrent parfaitement l'arbre veineux superficiel, isolé du tissu conjonctif et graisseux, comme suspendu dans le vide, autour de la structure musculaire du membre (Fig. 2A). La section transversale bidimensionnelle permet la mise en évidence en couleur des veines (Fig. 2B) ; la saphène apparaît longeant les muscles tandis que les collatérales sont suspendues sur un plan plus superficiel (le fascia superficiel n'est pas visible) [1] ; les perforantes se reconnaissent clairement par leur point de pénétration dans les masses musculaires.
Chez le variqueux, les images montrent la disposition des veines dilatées par rapport aux troncs saphènes, les calibres aux différents niveaux, les perforantes et les diverses anastomoses veineuses, même les plus fines (Fig. 1).
Les veines peuvent
être visualisées à la demande sur tous les côtés
du membre qui peut être soulevé et retourné en tous sens
et même sectionné à tous niveaux pour étudier les
rapports avec les veines profondes (Figs 3A et B).
Fig. 2. A)
Anatomie normale du système veineux superficiel au genou B) Une section transversale
bidimensionnelle avec coloration des veines montre |
Avec le VRSCT (Volume Rendering Spiral Computized Tomography), nous pouvons obtenir des images comparables à celles réalisées par les anatomistes après injection de résines colorées, avec deux différences :
L'examen reste néanmoins purement morphologique.
Il est difficile de
prévoir actuellement ce que sera la place de cet examen parmi les moyens
d'exploration des veines étant donné son coût et sa lourdeur
technique ; toutefois il a une grande facilité de lecture, il a l'avantage
d'être non invasif, de ne pas nécessiter d'injection de produit
de contraste et il pourrait devenir moins lourd techniquement dans le futur.
Il semble absolument remarquable sur le plan didactique, comme l'a déjà
montré J.F. Uhl, comme substitut virtuel
de dissection [2].
Fig. 3. A la demande, on peut pivoter vers le bas (A) ou vers le haut (B) la section de jambe en étude pour analyser les rapports avec les structures profondes |