M.A. BEAUJEAN 1, A. THIRY 2
1. 219, rue des Wallons - 4000 LIÈGE Belgique.
2. Département d'Anatomie-Pathologique, B-35, CHU de Liège Sart-Tilman - 4000 LIÈGE Belgique.
L'origine exclusivement veineuse des 2 cas présentés ci-après est formelle.
L'évolution
pathologique de cette femme de 53 ans s'étale sur 2 années, avec
une sémiologie extrêmement disparate n'ayant jamais suggéré,
sauf en phase préterminale, la nature de la lésion causale : un
LMS à progression exclusivement intraluminale depuis le 1/3 inférieur
de la veine cave inférieure. Son volume est devenu énorme : le
tissu à index de malignité pourtant assez faible, a progressé
vers le cur, en « flottant comme une algue dans un ruisseau »,
jusqu'à atteindre la valve pulmonaire. La consistance de cette néoplasie
polylobulée est friable et des fragments de celle-ci se sont finalement
embolisés massivement dans les poumons, entraînant un état
de choc cardiocirculatoire gravissime. Il s'agit du premier cas de la littérature
où ce type de complication est démontré et décrit
[1, 2, 10]. Sa présence et son expansion sont découvertes lors
d'une cavographie suivie d'une tentative d'embolectomie pulmonaire « en
catastrophe » (opération de Trendelenbourg). Sa nature est ensuite
précisée, après le décès, au cours d'une
autopsie extensive. Aucune métastase à distance n'est trouvée.
Ce cas eût été opérable avec succès si une
quelconque circonstance sémiologique avait pu suggérer plus précocement
le genre de la lésion (Figs 1, 2 et 3).
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Fig.
1. Excision « en bloc » du cur, des poumons, de la
veine cave inférieure et des reins. Dilatation énorme de la
veine cave inférieure depuis la mi-hauteur de sa portion sous-rénale. Figs 2 et 3. A l'ouverture de la veine cave inférieure ainsi que de l'oreillette et du ventricule droits,la tumeur d'aspect « exophytique » s'avère :
La masse végétante de ce léiomyosarcome est molle, irrégulière et farcie d'hématomes. Son extrémité proximale intraventriculaire est lobulée, très friable et constitue la source d'embolisations répétées de fragments dans les artères pulmonaires. N.B. : aucune métastase n'est découverte lors de l'autopsie extensive. |
Cet homme de 40 ans découvre fortuitement, dans son creux inguinal droit, une masse dure, sphérique, de 3 cm de diamètre, discrètement gênante et très lentement expansive. Son exérèse est décidée « par principe ». Elle s'avère être un LMS de malignité notable, montrant des expansions bien délimitées, parfaitement sphériques, intraluminale et extrapariétale (Figs 4, 5). La résection extensive de la portion haute de la veine poplitéo-fémorale d'où elle est issue est pratiquée et accompagnée d'un évidement lymphatique régional « de sécurité ». Aucun traitement radiothérapique ou chimiothérapique n'est adjoint. Les suites postopératoires, contrôlées à très long terme, sont simples. Ce patient est actuellement, en 2001, toujours survivant sans aucune récidive postopératoire. Il est le 1er exemple de ce genre, mentionné dans la littérature après une évolution favorable contrôlée durant 27 années après l'excision d'un LMS d'origine veineuse. Il persiste un discret dème du membre inférieur droit mais la résection veineuse est fonctionnellement très bien tolérée : une bonne compensation collatérale a été démontrée par phlébographie et échographie, tandis que la photopléthysmographie digitalisée à l'effort reste parfaitement normale. Une excision large et précoce d'un LMS d'origine veineuse, même de malignité très significative, est susceptible d'apporter une guérison, en dépit des nombreux avis pessimistes antérieurement publiés.
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Figs 4 et 5. Pièce anatomique excisée à l'opération chirurgicale. Ce
léiomyosarcome, de consistance rénitente et ferme (reséqué
au tiers proximal de la paroi antérieure |
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